Racontage de vie

Mercredi 17 juin 2009
Je suis heureuse!

J'ai ouvert mon premier blog avec cette formule il ya deux ans et heureuse, je ne l'étais absolument pas.

Je me sentais seule, mal dans ma peau, dans ma vie. Je n'arrivais à prendre du recul sur les remous de l'existence.

Depuis...

Je me suis fait des ami(e)s, ici et là. J'ai redécouvert des personnes que je ne connaissais pas si bien ou que j'avais jugées trop vite.
De la gentillesse, de l'humour, pas de prise de tête.
Zen.

J'ai appris à relativiser ce qui est important et ce qui ne l'est pas. La maladie, la souffrance, la dépression... c'est grave. Qu'on juge mon travail (en bien ou en mal d'ailleurs) c'est pas grave.
Ne plus pouvoir faire du sport c'est pas grave.
Que mes enfants soient des tanches en natation c'est pas grave.
Qu'ils n'aient pas 20 de moyenne c'est pas grave.
J'ai compris que mon rôle n'était pas d'exiger, de punir, de les faire se projeter dans mes propres désirs. Mais de mettre de l'engrais aux leurs, d'être le tuteur contre lequelle la plante peut grandir et se fortifier. Une présence constante. Discrète mais constante.
Zen.

Qu'ils se lèvent avec le sourire le matin. Qu'ils aient du plaisir à vivre la journée qui se présente. Qu'ils se trouvent leur place dans la vie. Pas forcément celle qui fournit la Rolex. Pas forcément celle qui nous permettra de nous projeter nos propres désirs...

Mes enfants ont grandi. J'ai pris confiance en moi en tant que mère.

Je passe des moments magiques avec eux. Je profite de chaque instant car je sais que ce bonheur-là est bien éphémère. Mon joli papillon commence déjà à se sécher les ailes, impatiente de quitter son cocon et de s'élancer dans la vie.
Au jour d'aujourd'hui, rien n'est plus important que les instants que je passe avec eux. Rien, absolument rien ne me donne plus de joie que de discuter avec mon grand garçon, regarder une émission débile avec ma grande fille allongée contre moi ou d'aller chercher ma princesse à l'école et de l'écouter raconter sa journée.
Zen

Je fais un métier que j'aime. Sérieusement mais sans me prendre la tête.
J'ai pris confiance en moi en tant qu'instit. Pas au point de ne plus me remettre en question mais suffisamment pour tenir face aux critiques.

J'ai fait le choix de lever le pied pour profiter de mes enfants. Contrairement aux idées reçues ce n'est pas quand ils sont petits qu'ils besoin de nous mais à l'adolescence. Ce n'est plus du temps pour s'occuper de leurs besoins matériels. Mais de tout le reste. Un gros gros tout. Ils ont besoin que leurs parents prennent du temps pour discuter avec eux. Parfois des soirées entières. Je me demande souvent si c'est la conversation en elle-même qui est importante ou le fait qu'on ait pris le temps de discuter avec eux, d'adulte à (presque) adulte.

Je fais le choix de lever le pied sur ce blog-ci. Je ne sais pas si c'est un "au revoir" ou un "adieu". Mais j'ai des choses à vivre et j'ai l'intention de les vivre.


Je suis heureuse

Cette fois-ci c'est vrai.
Le bonheur est fragile est fugace. Alors excusez-moi si je vais vite le cueillir avant qu'il se sauve.

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Samedi 30 mai 2009
Début de semaine pourri.
Pourri de chez pourri...
Entre les mauvaises nouvelles et les prises de bec auxquelles j'ai assisté (pour une fois j'ai réussi à fermer ma grande bouche, ce qui est un indéniable progrès) ça a été franchement pénible.

Vendredi...
Je ne sais pas si cette journée-là m'attendait depuis longtemps mais elle a fait très très fort...
Le matin j'avais rendez-vous chez un osthéopathe conseillé par une copine.
Un peu la trouille d'y aller, de me faire manipuler dans tous les sens.
J'avais tout faux.
Je suis tombée sur un monsieur très doux qui ne fait pas craquer dans tous les sens. Il appuye doucement avec ses mains, avec ses doigts, masse, frotte. Rien d'effrayant.
Au bout de quelques minutes il me demande si j'ai souvent mal au genou. Mais comment le sait-il? Cela fait 38 ans que j'ai mal aux genoux! J'ai fait des dizaines de séances de kiné pour ça! Quelques instants et quelques effleurements plus tard, je sens un truc incroyable dans ma cuisse. Comme si un barrage avait craqué et qu'un fleuve pouvait, enfin, s'écouler librement. On sait ce que c'est que d'avoir mal à un muscle, de ne rien sentir... mais avoir du "bien" à un muscle c'est très surprenant.
"Sentez-vous quelque chose?"
"ooooooh, oui!!"
Et ça continue comme ça pendant 45 minutes...
A un moment il tient juste ma tête entre ses mains. Il ne tire pas, ne tourne pas. Il tient juste ma tête.
Et d'un seul coup une sensation incroyable est partie de mon cou pour envahir tout mon corps. Je la sentais avancer de façon perceptible. Tous mes muscles se relâchaient un à un sans effort...Jusqu'au bout de chaque doigt, de chaque orteil...

Il faudra qu'on se revoit 2  ou 3 fois.

Oui.

Mille fois oui....

Le soir j'ai dormi comme un bébé, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps..

Vendredi toujours
Après-midi coiffeur.
Je ne suis pas une grosse cliente. Régulière mais j'y vais assez peu (un des avantages d'avoir des cheveux longs). En partant je lui ai acheté un bon cadeau pour offrir à quelqu'un : un soin du visage dans son salon d'esthétique.
La patronne s'est approché de moi : "dites-moi Mme P., vous en avez déjà fait vous-même?
- Vous savez ce que c'est.. pas le temps ... (je n'ai pas osé lui dire que j'ai des scrupules à dépenser pour moi)
- Et bien moi je vous en offre un (la pudeur m'interdit de répéter la suite de ses propos).

Le souffle coupé l'heureuse... Les larmes ont jailli en torrent, le menton a tremblé, j'ai murmuré un "merci" d'une voix étranglée et je suis partie sans arriver à dire le moinde "au revoir" à personne.

C'est la gentillesse totale et gratuite du geste qui m'a émue. Elle n'a aucun besoin de me fidéliser : elle sait que j'adore son salon. Autant pour la quaité du travail, que pour l'ambiance. De toutes façons elle a une très grosse clientèle. Je ne suis même pas une bonne cliente.
De la gentillesse désintéressée.
Rien que d'y penser j'en ai encore les larmes aux yeux.

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Mardi 14 avril 2009
Après les grillons de la côte d'Azur,

après les vagues de la côte basque,

après les eaux turquoises de la République dominicaine....

l'heureuse famille est allée à la découverte du:

Pas de Calais

Comme vous pouvez le constater un temps magnifique nous y attendait.

Nous avons pu profiter de la plage :


Si c'est pas le bonheur ça y ressemble...

Tandis que les enfants, (en maillot!) se trempaient les pieds dans l'eau.

Première fois que j'allais sur une plage de la Manche et j'ai été vraiment surprise par la vitesse de montée des eaux. Le soir, nous sommes allés nous promener en bord de mer et on avait beau avancer sur le sable, on n'arrivait pas à voir la mer. On l'entendait mais on ne la voyait pas. Surprise, la fille de l'Atlantique.

Nous avons également profité des joies de l'équiation dans le domaine du Marquenterre.

Une après-midi fabuleuse...

Pour débuter, on nous a désigné un cheval qu'il fallait aller chercher nous-mêmes à la pâture, armés du licol. Le cheval d'Aurore avait un peu tendance à se sauver mais globalement les braves bêtes étaient bien dociles.
On les a préparés nous-mêmes et on a pu partir en promenade.

Devinez qui a fait tomber une corde la première?


Et oui.. C'est moi! J'étais morte de rire... Mon cheval partait dans tous les sens!

Promenade magnifique... Clémentine (qu'on voit de dos) s'est régalée. Francis a réussi à galoper comme s'il en avait fait toute sa vie (normal...) et Antoine..Son vieux pépère de cheval a vite compris qu'il ne ferait qu'une bouchée du petit graçon sur son dos. D'où des scènes très cocasses qui ont fait rire tout le groupe.

L'arivée : il n'y a plus qu'à relâcher le cheval dans la pâture.

Vive notre beau pays, n'en déplaise aux grincheux!



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Mardi 3 février 2009
Jeudi soir, me rendant à une réunion au lycée de ma fille, je hâtai le pas me sachant un peu en retard.
CLAC CLAC CLAC faisaient les talons de mes bottes sur les trottoirs.

Devant moi deux jeunes. Casquettes sur le côté. Pantalon ridiculement bas. Le genre de jeunes qui donnent en vie de serrer son sac à main contre soi.

J'arrive à leur niveau.

Le plus grand et le plus gros des deux (et c'est pas peu dire) sursaute en se retournant : "vous nous avez fait peur m'dame, on se demandait qui nous coursait comme ça...". Je vous passe l'accent bien banlieue de ces deux jeunes gens tout à fait charmants avec lesquels j'ai plaisanté tout à fait agréablement.

J'ai pensé à ce moment-là aux années où j'habitais près du lycée technique devant lequel je passais avec Antoine dans le landau. A tous ces "voyous" qui se penchaient sur le landau pour me dire "il est trop beau vot'bébé m'dame!"

Ne surtout jamais se fier aux apparences et donner une chance à tous.

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Samedi 24 janvier 2009

Tout ayant une fin, il a bien fallu se résoudre à boucler les valises pour retrouver notre sweet home.
En une semaine on avait eu le temps de prendre quelques mauvaises habitudes : n'avoir pour seule contribution au repas le "por favor " et le "gracias" adressés aux serveurs, prendre un sublime expresso sur une terrasse ombragée, .... le paradis, entourée de ceux qu'on aime, comment peut-on avoir envie de le quitter?

Si on avait su que le voyage du retour se passerait aussi mal je crois que... Je ne vois pas ce que j'aurais fait mais j'avais envie d'écrire cette phrase !!

 

Arrivée à l'aéroport à 20h30.

 

Un avion de 400 personnes, ça en représente du monde... Des valises... Et une sacrée queue....

 

C'est étonnant comme, dans ce sens-là, on est beaucoup moins inquiet à l'idée de manquer l'avion.

Mince on est bloqué à Punta Cana! On ne pourra pas aller au travail lundi <- (c'est la famille heureuse qui s'imagine coincée à Punta Cana).

 

L'avion était prévu pour 23h50. Une heure de queue... Oui, oui, cela fait deux heures à attendre dans l'aéroport. Un aéroport bien curieux d'ailleurs. La salle où on attendait n'était séparée de la piste par aucune cloison. Dès qu'un avion se déplaçait, on avait le droit aux bruits et surtout aux odeurs.

 

Les enfants étaient à moitié endormis. Nous aussi sans doute. Ce doit être pour ça qu'on n'a pas vu le temps passer et qu'on n'a pas réagi quand on n'a embarqué qu'à 23h40.


On s'installe, l'avion commence à rouler sur la piste. S'arrête avant de s'élancer. On attend un peu.

On attend beaucoup.

Cela ne fait-il pas 15 minutes qu'on attend au bout de la piste???

1h30!

 

On a attendu 1h30 dans l'avion.

 

Au bout d'un moment ils ont daigné nous informer que c'était du à un problème de filtre à huile....

 

On a finalement décollé à 1h30 du matin pour une arrivée à 17h (heure de Paris). Inquiets à cause de la panne? Oui bien sûr ! Mais soyons un peu rationnel : on a volé au-dessus de l'océan et une panne y serait moins grave. N'est-ce pas...

 

Je ne sais pas ce qu'on avait mangé la veille mais le voyage a été ... agité... transit un peu accéléré si voyez . J'ai du aller aux toilettes 20 fois. Francis pas beaucoup moins.

A un moment il y avait des turbulences et l'hôtesse ne voulait pas que je me lève. Je suis en général docile et obéissante mais mon intestin beaucoup moins...

Antoine n'a pas eu de chance : il y avait la queue aux toilettes quand il y est allé et personne ne l'a laissé passer devant. Vue l'odeur qui a flotté en cabine pendant le reste du vol, ils auraient peut-être du accepter.

 

A l'arrivée on se lève pour sortir très vite :autonomie des Heureux assez limitée. Mais la porte était bloquée par le gel et on était coincé, debouts, au milieu de tous les passagers. On a été obligés de se faufiler pour se faire réouvrir les toilettes. La honte...

 

Arriver jusqu'aux valises en s'arrêtant dans tous les toilettes de l'aéroport...Roissy mérite d'aileurs le label "toilettes tous les 20 m": on a testé pour vous.

 

Nous avons finalement rejoint la base en fin d'après-midi.  Epuisés, malades, complètement déconnectés de la réalité.

 

Ma charmante belle-soeur (celle qu'a vue Spamy) nous avait préparé une galette et du cidre. Ou comment retrouver les petits bonheurs de la France.

Dodo à 18h30...

Lundi matin à 8h30 j'avais affiché une carte du monde pour expliquer à mes élèves pourquoi leur maîtresse était si souriante, si bronzée et surtout avait autant la tête dans les nuages (c'est que mon horloge biologique affichait 3h30, faut pas l'oublier !)

Bilan : un beau voyage et surtout plein de souvenirs dans ma boîte à bonheurs.

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Mercredi 14 janvier 2009
Voilà enfin le jour que mon mari attendait le plus : la sortie au marinarium! Un site où ooeut er amilieu  des raieset  des requins nourrices.

7h30 : départ de l'hôtel

Expérimentés, les heureux sont allés tout de suite chercher le minibus qui les attendait. Cette fois-ci pas d'Andy-Antonio chaleureux au délicieux accent québecois. Juste un chauffeur bougon qui ne parlait qu'espagnol.
Tant pis.

Après une heure de trajet (et sur les routes dominicaines, une heure compte facilement double) on est arrivé sur le site.
Comme d'habitude une boisson nous attendait à l'arrivée à l'arrivée.
Photo issue de leur DVD

Puis la pétillante Sharky nous a pris en main.
Sharky

Après nous avoir donné les consignes de sécurité (et fait signer une décharge) en français, anglais, allemand et espagnol (impressionnante la jeune fille!) elle nous a fait monter sur le bateau.

Monter sur un bateau au son de "tou tou you tou" (Véronique et Davina) en se faisant prendre au photo dès qu'on arrive (fallait prendre la pose en plus) a quelque chose d'un peu surréaliste. On était beaucoup moins nombreux que ce que je craignais.
Le bateau

Un petit coup à boire (ni le premier ni le dernier de la matinée).

La mini croisière débute par une présentation, ma foi, fort tonique de l'équipe. Une petite animation (qui nous fait découvrir qu'une bonne dizaine de nationalités est présente).

Puis on entre dans le vif du sujet : on met le masque et le tuba (et une ceinture de flottaison pour ceux qui souhaitent). Deux options : partir avec les moniteurs faire un parcours dans les coraux puis rejoindre le marinarium ou y aller directement (on pouvait y rester une heure).
Francis partira avec Aurore faire le parcours tandis que je resterai avec les petits sur le marinarium (si j'avais su la suite...).

Au moment de descendre du bateau, Clémentine commence à rouspignasser : je ne veux pas y aller.. j'ai peur des requins (on avait passé des heures à lui expliquer qu'ils sont inoffensifs).
 Mais je ne pouvais pas la laisser seule sur le bateau.
Je suis donc descendue dans l'eau avant elle pour la réceptionner.
C'est là qu'elle recule, se met à pleurer. L'heure tourne, elle bloque tout le monde, Antoine est déjà dans l'océan à rejoindre les enclos.
J'attends que tout le monde soit descendu pour remonter et me montrer plus directive. légèrement plus directive : je l'ai prise dans mes bras pour lui faire descendre l'échelle. Périlleux.

Une fois dans l'eau (elle nage très bien) elle hurlait dès qu'elle voyait un bout de corail" un requin ! Au secours!" et elle nageait vers la large. J'ai du nager jusqu'aux enclos en tenant Clémentine par son maillot de bain.

Je lui ai annoncé le premier enclos comme un vestibule où il n'y avait rien.. Comme elle ne voulait pas mettre la tête sous l'eau, peu de chance qu'elle voit les quatre requins qui nageaient tout au fond, n'est-ce pas...

On passe dans le deuxième enclos, celui des raies. Ils avaient installé une plateforme et on pouvait prendre une raie dans ses bras.
La plateforme des raies (photo issue de leur DVD)

Catastrophe!!!

Clémentine s'est mise à hurler de trouille...

Comme je suis une mauvaise mère qui avait bien envie de faire la visite je l'ai mise contre un grillage du premier enclos (celui où il n'y avait rien ).
En revenant je vois Antoine hurler. Une gentille américaine le forçait à accrocher une bouée pensant qu'il était en difficulté (il nage 5km par jour.. je n'étais pas très inquiète). Il avait juste peur qu'une raie le touche et refusait de quitter la plateforme. Il était hystérique.

L'heure tournant j'ai agi comme toute mauvaise mère qui sait qu'on ne va pas en république dominicaine tous les jours: j'ai laissé mes enfants à leurs cris et je suis allée visiter le marinarium.

S'approcher des requins, des raies, nager au milieu de bancs de poissons incroyables. J'aurais pu y rester des heures...
On était très peu finalement : je me suis vite retrouvée seule dans l'enclos où j'étais. Avec un dominicain qui m'emmenait voir des trucs sympas...

Finalement mon héros est arrivé à la rescousse. Après leur ballade, mon mari et Aurore sont arrivés. Plein de monde était retourné au bateau et il y a emmené Antoine et Clémentine.
Pendant qu'ils traversaient le vestibule () Aurore n'a rien trouvé mieux que de crier "papa, tu as vu il y a quatre requins  juste en dessous !!" On a du entendre les cris de Clémentine à l'autre bout de l'océan.

Après cette première visite on a eu droit à un cours de .. pina colada ! En direct, en musique et en dansant. On était en maillot de bain, il faisait chaud et c'était ..muy bien !!
On s'est fait des petits sandwichs. Cela faisait bien .. ouh laaa.. deux heures qu'on n'avait pas mangé.

Arrêt dans une piscine naturelle au milieu de l'océan. On y boit un petit coup. Tant qu'à faire. Sur fond de Bob Marley.
Rhum coca ou bière ?
Rhum coca, merci

Sur le chemin du retour l'animatrice a proposé un petit jeu de questions pour gagner le DVD de la sorte (30 euros quand même!) et qui a gagné ? Un petit frenchie! Mon fils, si surprenant parfois!

Et c'est là que j'ai eu mon plus grand moment de gêne.

En lui donnant le DVD l'animatrice demande à Antoine "Où est ta maman?"
Naïve et souriante, je fais un petit geste de la main... naïve surtout...

Elle me demande d'avancer.. Description de la scène : je suis en maillot deux pièces, au mileu d'une quarantaine de personnes, pas coiffée, pas franchement amincie après une semaine d'open bar, ridicule..
Elle fait venir un des accompagnateur, un jeune dominicain.

"La maman d'Antoine va danser le Mérengué !!!"

Devant tout le monde! Seule et ridicule!

La même chose mais en ridicule !

Mon mari était mort de rire et me mitraillait avec l'appareil photo!


En descendant du bateau on a retrouvé notre chauffeur pas sympa. le voyage a été beaucoup plus court, vu tout ce qu'on avait à se raconter.
Dans ce minibus, entourée des enfants, malgré l'inconfort, le fait que je me sentais moche, il y a eu un instant fugitif et bref où je me suis sentie proche du paradis. Pleinement et incroyablement heureuse. Un état de grâce. J'avais vécu une matinée inoubliable et j'avais pleinement conscience du bonheur de cet instant présent.


PS : rassurez-vous Clémentine a bien recompté : elle ne s'est fait manger aucun doigt par les requins.

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Lundi 12 janvier 2009
La première sortie qu'on a faire est "Bavaro Runners" (avec l'accent québecois ça le fait encore mieux...). Il s'agissait d'une promenade d'une journée à l'intérieur des terres.
Rendez-vous pris pour le mardi matin dans le hall de l'hôtel.
"8h50.. heure dominicaine bien sur " m'a dit que le québecois auquel j'ai acheté l'excursion.

Comme on n'avait pas envie de rater la sortie, on est arrivé à 8h45. Estomac plein et vessie vide.
On se renseigne auprès du personnel une nouvelle fois : "ils viendront vous chercher, attendez tranquillement (genre : ils stressent trop ces français)".

Mon mari jette un coup d'oeil à l'extérieur de l'hôtel et voit un camion "Bavaro Runners" plein de touristes. C'était le notre qui nous attendait depuis 15 minutes...
Photo prise à la plantation de canne à sucre

Sur la route, le guide (Andy Antonio, dit "baby love") nous a parlé de son pays, a répondu à nos questions. C'était vraiment intéressant. On y a appris que l'école y était obligatoire de 4 à 18 ans et que les entreprises de tourisme locales finançaient beaucoup les écoles. Une façon de nous déculpabiliser face à toute cette pauvreté qu'on voyait en traversant les villages en plein jour.

Premier arrêt dans un "ranch" pour une ballade à cheval.

Tout ce vert, le ciel bleu... c'était bon...

Evidemment j'ai réussi à me faire mordre la jambe par le cheval d'Antoine. Ca surprend..

Deuxième arrêt consacré à la fabrication du tabac.

Parc à touriste 100% garanti. On nous emmène dans un atelier ou un dominicain plutôt âgé avec un look à la Fidel castro fait des cigares à la main. Ensuite on peut en goûter et éventuellement en acheter.
Je n'ai pas fait de photo car je trouve que ça faisait déjà suffisamment zoo. De même que je n'ai pris aucune photo des villages qu'on traversait.

Pendant que les autres fumaient on est allé se promener dans ce paysage magnifique. Dommage que l'appareil n'ait pas réussi à rendre hommages à ces magnifiques verts.


Troisième arrêt : la plantation de cannes à sucre.

Il y avait une bonne dizaine de camions bavarro runners.... Nooon.. C'est pas un truc pour touristes... N'empêche, on a goûté de la canne à sucre et bu un petit coup de vitamine (en République Dominicaine la "vitamine" c'est souvent du rhum). Ce jour-là un délicieux rhum ambré parfumé... mmmhhhhh...

Quatrième arrêt : la plantation de café et de cacao.

Elle est située dans la montagne. Y arriver est déjà un exploit, tellement les chemins sont boueux, cabossés et escarpés.



J'ai enfin vu des cabosses de cacao, de près, des caféiers, gouté la pulpe autour des fèves de cacao (miam), croqué des fèves de cacao (berk).



On y a découvert CHRISTIAN. C'est le propriétaire de la plantation. Ce diable d'homme arrive à cheval de façon terriblement majestueuse et avec une fougue qui semble ne jamais le quitter (bon.. j'ai râté l'arrivée car Aurore s'était perdu en revenant des toilettes).
Il parle une langue incroyable : le Frangnol. Il baragouine dans tout plein de langues, dans tous les sens, sans se soucier de syntaxe ou de cohérence. Et on comprend ( pour les enfants c'était plus difficile).
Christian fait un vrai show pendant... (je réalise en écrivant ces mots que je n'ai regradé ma montre à aucun moment et que j'avais perdu toute notion de temps). Bref, pendant un long moment.
Je me suis permis de faire des photos car on avait plus affaire à un showman qu'à un pauvre paysan dominicain!

Découpage d'un ananas en 5 secondes avec une machette

 Ce lutin parlait, virlvoltait, nous apostrophait sans cesse (sur les autres photos il est tourné ou penché ou en mouvement). Une fois le tour fini (et après le passage à la boutique.. business is business!) nous sommes remontés dans le car pour aller manger à... comment appeler ça... la cantine des cars "bavaro runners". De grandes tables, un buffet copieux au beau milieu de la montagne.

Antoine dévore du poulet grillé tandis que je grimace (?)

Ensuite (l'après-midi est bien avancé) on part vers la plage où on peut faire une petite trempette avant d'être reconduit à l'hôtel.

On ne peut pas vraiment dire qu'on ait visité le pays mais on y a jeté un petit coup d'oeil. Un premier coup d'oeil.
Les personnes du car étaient fort sympathiques et on a d'ailleurs gardé contact avec une des familles.

Evidemment on n'est allé que dans des coins pour touristes. Mais je ne crois pas que nous soyions autre chose que des touristes. Pour avoir grandi dans une région très touristique je trouve que c'est plutôt bien de cantonner les touriste sur des lieux repérés et éviter qu'ils envahissent tout. Quand on reçoit à la maison, on préfère perndre l'apéro dans le salon, pas dans la chambre, et on ne donne pas trop le choix aux invités.
Pourquoi serait-ce différent? On a été très bien reçu... dans la salle de séjour.

Il n'en demeure pas moins qu'on a passé une très bonne journée.



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Mercredi 7 janvier 2009
Dimanche 28 décembre

Réveil à 6h heure locale (11h heure française).

Nous avons passé la journée à découvrir un endroit paradisiaque. Je soupçonne mon mari et les enfants d'être équipés de branchies tellement ils aiment l'eau. Là ils avaient fort à faire: pour faire l'aller-retour de la piscine mon mari a mis plus de 5'30"... C'est un excellent nageur de compétition et il allait à fond. Et il y avait également la plage à quelques mètres de notre chambre.

Premier bassin : à droite on voit un des bars placés dans la piscine



En se plaçant au niveau de ce bar on voit le:


Deuxième bassin


On vance jusqu'au petit pont et on peut voir le..


Troisième bassin


On vance encore jusqu'au pont qu'on aperçoit à droite pour se rendre au


Quatrième bassin


Derrière il y en a encore un dernier, identique au premier, avec un bar dans l'eau.

Je sais : ça ne fait pas très aventurier de passer la journée au bord d'une piscine. Mais c'est la première fois que je n'ai RIEN à faire de la journée. Juste à me mettre les pieds sous la table, lire en sirotant des cocktails et jouer avec les enfants dans un endroit qui a absolument tout du paradis. Le bonheur je vous dis...

En plus les gens étaient d'une gentillesse.

En France, quand on arrive à 5 on est rarement bien accueilli. Ici, tout le contraire. Ils étaient adorables avec les enfants. Surtout avec Clémentine et ses petits "por favor" et "gracias".


Vraiment très très gentils...


Un soir, je rentrais après avoir déposé la copine de Clémentine chez elle quand j'ai croisé un gardien. Je précise qu'il faisait sombre et que c'était un très jeune homme.


- Hola! (c'est moi qui parle, super fière de baragouiner 3 mots d'espagnol)

- Hola! Felice anno nuevo!
- Felice anno nuevo! (avec une fluidité légèrement inférieure au gardien)
- *******************************( j'ai cru comprendre que j'étais une dame très gentille... pas peu fière l'heureuse avec ses trois mots d'espagnol, comparé à tous les américaisn qui ne parlent qu'anglais)
- Accompagnado? Me demande-t-il en me montrant mon annulaire gauche...
- Si si, mucho accompagnado, con tres ninos!!! Lui ai-je répondu en lui montrant mon alliance.

J'étais rouge. Ecarlate... Jamais été aussi gênée de ma vie....


Comme on n'avait pas non plus envie de rester cloîtrés à l'hôtel on a réservé des expéditions (seulement deux car à 90 dollars par personne, quand on est 5, ça revient vite très cher).


Mais ce sera pour la prochaine fois...


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Mercredi 7 janvier 2009
Samedi 27 décembre - 16h30 (heure française)


Que font-ils dans cet aéroport? Où vont-ils?

Ils vont prendre l'avion pour Punta Cana en République Dominicaine.
Ils espèrent se reposer, profiter du soleil, découvrir un pays, des habitants.

Le voyage? Très pénible... Il y avait deux bébés dans l'avion et j'ai découvert qu'un bébé pouvait pleurer 8h30 d'affilée. Les parents étaient certainement plus gênés que nous..

Après un repas pantagruélique...



Nous avons mis les écouteurs pour profiter du film. Mais l'écran ne fonctionnait pas. il ne restait plus qu'à tenter de dormir.

Arrivée à 21h30 heure locale (2h30 heure française).

Pas mal de neurones sont HS.

Il fait chaud mais il pleut... Aïe aïe...
Mais qu'est-ce que l'aéroport est sympathique avec son toit en feuilles de palmiers (enfin je crois, je ne suis pas allée toucher).

Complètement paumés on réussit à trouver où récupérer les valises. Vous ne le croirez peut-être pas mais sur 400 passagers la dernière à sortir est LA NOTRE !! Le tapis s'est arrêté dès qu'elle est apparue.
On l'avait guettée pendant une heure...

On a eu un mal de chien à trouver notre car: il faisait nuit, il y avait du monde partout et il pleuvait à verse...L'autocar était... vétuste (et je suis très très gentille). Le chauffeur roulait très vite, sous la pluie, dans l'obscurité, sur une chaussée pas mal cabossée. Comme il faisait nuit on a passé une heure à s'écarquiller les yeux pour tenter d'apercevoir un peu de ce pays. En vain.

23h40 : arrivée à l'hôtel...

Superbe. Comme il est décoré pour les fêtes de Noël, l'arrivée dans cet hotel la nuit, avec la fatigue, le décalage horaire a quelque chose de féérique.
L'employé de l'accueil nous explique plein de choses, qu'une partie de mon cerveau doit comprendre. Enfin j'espère...

On rejoint nos chambres sous la pluie. Il fait un peu froid... Le temps de s'installer il est 1h16 (6h16 heure française) quand on éteint les lumières. Hâte d'être au matin.

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Jeudi 1 janvier 2009
Je vous souhaite une très bonne année année  à tous et tout particulièrement:

- Une bonne santé ... parce que, sans ça, le reste on s'en fout un peu

- De passer l'année entourés de l'amour, de la tendresse, de l'affection de ceux que vous aimez

- De faire de belles rencontres humaines, culturelles, littéraires... Qu'importe tant que l'émotion est là

- De vivre votre vie à 110 %, de savoir savourer chaque instant de bonheur, même les plus infimes

- D'avoir l'occasion de donner du bonheur aux autres

-Des sous ... juste ce qu'il faut pour ne pas avoir besoin de compter tout le temps ... parce que si on a tout ce qui précède le reste n'est-il pas superflu?


Et j'en profite pour faire la liste de mes résolutions de cette année. pas ambitieuse mais réalisable (???)

- Tu n'iras point aux urgences (cette année j'ai gagné un index qui ne sert plus et le droit de ma balader avec une piqûre d'adrénaline 24h/24... il faut en laisser pour les autres, faut pas être égoïste non plus...)

- Tu ne médiras point (c'est pas que... mais un peu quand même de temps en temps ... Deux trois mots lancés comme ça... De ceux qu'on voudrait rattraper au lasso....Aucune entorse au règlement cette année)

- Tu retrouveras ton poids de forme (vous ne croyez pas que je vais vous le dire, non plus....)



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Samedi 13 décembre 2008
Y'a pas à dire, les blogs ça peut avoir du bon. Quand je regarde les anciens articles du mien j'ai l'impression de voir de petits instantannés de ma vie. Pour être honnête, j'oublie très vite le contenu des articles mais en relisant mais je souviens fort bien, du pourquoi, du comment, de mes pensées, bonheurs, joies du moment.

Bref, ce mois de décembre ne se passe pas très très bien et j'allais faire un article du genre "j'ai la moitié des neurones déconnectés et c'est bien pesant" qund j'ai eu la curiosité de regarder ce qu'il en était il y a un an et je suis tombée sur ça et sur ça.

Finalement, cette année je m'en sors pas si mal que ça !! Je me contente d'être juste un peu ailleurs...



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Vendredi 21 novembre 2008

Tendinite à l'épaule droite (officiellement depuis vendredi mais cela fait plusieurs mois que je traine la douleur)

Anti-inflammatoires pas du tout supportés

Genou gauche qui part en vrille (d'où urgence de perdre du poids)

Hanche droite qui fait sa casse-pied également.

Tension à peine à 10.

Moral en berne.


Bref, faudrait peut-être que je me repose. Et que j'arrête d'écouter les "tu peux bien le faire, tu es à mi-temps" culpabilisateurs.




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Lundi 22 septembre 2008
Il est né en février 1920.

Il a perdu sa maman très jeune. Quand exactement? Je n'en ai aucune idée et personne ne pourra plus jamais me l'apprendre.
Son père était ouvrier agricole. Il vendait sa sueur de ferme en ferme.
Il a été rapidement repéré par le curé de son village qui s'est débrouillé pour le faire scolariser.
Il est devenu instituteur. Il rêvait d'être chirurgien. Mais, à cette époque, un enfant pauvre, aussi brillant et travailleur soit-il, ne faisait pas médecine.

Il habitait en zone libre. Il n'a été ni lâche, ni héros. il a juste continué à vivre. De la guerre je ne l'ai entendu dire que ceci "ceux qui ne l'ont pas connue ne peuvent pas juger. "
Il a rencontré une jeune institutrice et de leur union sont nées trois filles : une en 1943, une en 1944 et une petite dernière en 1959.
Ils ont beaucoup sacrifié à leur travail. Ils l'adoraient tous les deux. Lui, a été un des premiers conseillers pédagogiques de France et a reçu les palmes académiques. Elle passait ses soirées dans sa classe.
Ont-ils été de bons parents? Leurs filles pensent que non.
Ils ont confié l'éducation des aînées à une grand-mère débordante d'affection. Elles n'ont pas manqué d'amour, c'est l'essentiel, non?
Elles sont parties en pension dans un des meilleurs lycées de Bordeaux. Une preuve de plus de leur cruauté paraît-il.
J'y vois plutôt le désir de leur donner ce qu'ils n'avaient eu ni l'un ni l'autre.
Elles n'ont pas travaillé. Sont sorties du système éducatif sans diplôme ni formation.

Au cours de sa vie il a épaulé ses filles matériellement en de très nombreuses occasions. Il a été le pilier de cette famillle. Celui sur lequel on pouvait toujours compter, celui qui avait un savoir et une culture immense. Qui ne disait jamais non. J'ai appris récemment que c'est lui qui avait payé mes études mais on ne me l'avait pas dit.

Il n'était pas affectueux, c'est certain. Mais je l'admirais énormément. Pour sa sagesse, sa droiture, son intégrité.

Il a été maire de son village pendant de longues années. Un maire qu'on revenait voir bien après qu'il ait passé le flambeau.

Il a vécu ses dernières années loin de son pays, de ses amis. La cupidité de deux de ses filles en a été le moteur.
 Il perdu l'esprit suffisament lentement pour s'en rendre compte. Il a horriblement souffert. L'acharnement thérapeutique prend tout son sens quand on songe au calvaire inutile qu'on peut faire vivre à un mourant de 88 ans.

Il est mort le 24 juillet dernier. Le jour où lui arrivait ma dernière carte postale de vacances. Je ne l'ai appris que la semaine dernière. J'ai renoncé à comprendre cette famille.

C'était mon grand-père.
 Je ne suis pas triste de sa délivrance. Je suis triste qu'il ait eu une fin qu'il ne méritait pas.
Je suis triste de vivre sur une terre où il n'est plus.


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Mardi 26 août 2008
Denain (59). Dans la nuit de samedi à dimanche. 2h31. Pas un chat dans les rues.
Aurore au téléphone avec le 15 "On n'arrive pas à trouver l'hôpital de Denain. Pourriez vous nous aider?" "Je suis à Lille moi. Je ne peux rien faire... tuuuuut."
Le silence est inhabituel, surtout quand il y a trois enfants dans une voiture.
Surtout quand, quelques minutes auparavant on dansait à un mariage.
Mais le fromage avait été posé sur du pain aux noix.
Mais je suis allergique aux noix.
Mais je ne me suis pas méfiée car mon allergie se résume, quand je mange une noix, à avoir la gorge qui gratouille.

Nous sommes tous les 5 dans la voiture, à chercher les urgences. Enfin tous les 5 ... Mon oeil gauche est complètement fermé et énorme. Le droit suit la même voie. Mon nez est complètement bouché et a doublé de volume, mes lèvres transformées en saucisses de Toulouse. L'oedème en est à l'arrière de la bouche. Ma glotte touche ma langue et je commence à avoir du mal à inspirer.
Je ne sers plus rien, si ce n'est à les inquiéter.

Je me souviendrai toute ma vie d'un instant précis. Je me suis dit "je vais mourir ce soir dans cette voiture". J'ai trouvé ça d'une bêtise absolue mais je n'éprouvais aucune peur. Juste une peine immense pour mon mari et mes enfants. Je le voyais qui se concentrait et cherchait uen solution.
Stressée comme je suis j'aurais du avoir peur. Mais je n'avais pas peur. J'étais très sereine. Je me souviendrai toute ma vie de cette sensation de bien-être. Curieux.

Pas un panneau. On cherche.
Honnêtement on ne sait plus quoi faire. En tous cas j'ai l'impression qu'on ne sait plus quoi faire.
Trop tard pour appeler les pompiers? On ne sait même pas où on est.
Alors on cherche. Pas beaucoup de panneaux à Denain.

Une jeune femme rentre chez elle. Mon mari s'arrête et se fait indiquer l'hôpital. Quelques minutes à peine. Les urgences. Aurore m'accompagne, j'y vois difficilement.
Une ou deux minutes plus tard, j'ai un masque sur le visage, une perfusion dans le bras et très rapidement je respire avec davantage d'aisance.
Une heure plus tard je suis sortie. Je ne me suis pas vue et c'est tant mieux. Je respirais très bien et c'est le principal. Le dimanche matin je ressemblais à Coluche dans "Banzaï". Pas glop. J'ai récupéré ma vue en fin de matinée le lundi (mais avec un look d'elephantman). Lunettes noires jusqu'à lundi soir pour éviter d'effrayer tout le monde.

A partir de maintenant il faut que j'évite tout contact avec un aliment ayant touché des noix, que j'ai toujours des anti-allergiques et une piqûre d'adrénaline dans mon sac, que je ne mange que des aliments dont je suis absolument certaine qu'ils n'ont été en contact avec aucune noix.

Parce que 14 minutes c'est le temps qui s'est écoulé avant le début de la démangeaison sur mon oeil et la sensation de gonflement dans la gorge.
Et la prochaine fois, ça pourrait être pire.

Impressin d'une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Même en faisant attention je sais d'expérience qu'il y a des noix dans des aliments où il n'est pas sensé y en avoir.

PS 1 :Pour info je vais prévenir autour de moi que je suis très allergique aux noix mais je n'ai pas envie de raconter cette nuit-là. Pas comme ça en tous cas.
Alors celles qui savent.... ça reste entre nous...

PS 2: si vous cherchez des urgences dans ce genre de condition il paraît qu'il faut appeler la police. Ils peuvent nous guider. Toujours bon à savoir.

PS 3 : et le pire de tout ça c'est qu'on n'avait pas encore mangé le gâteau du mariage quand on a foncé aux urgences !! ça c'est ballot!

PS4 : j'ai bloqué les coms sur cet article volontairement.

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