Je connais la pièce par coeur l'ai vue je ne sais combien de fois, L'apothéose étant cette fois-là.
C'est pour cela que, lorsqu'Aurore m'a demandé de l'emmener voir une représentation de cette pièce j'ai couru pour faire les réservations. Samedi 21 mars à la Comédie Française.
La pièce était mise en scène par Denis Podalydès et fut, ma foi, une bien agréable surprise.
La mise en scène était à la fois originale, intemporelle mais incroyablement respectueuse de l'esprit de la pièce.
La scénographie d'Eric Ruf (vous avez vu, j'emploie des mots intelligents) était magnifique. La cuisine de Ragueneau était somptueuse et la tirade du baiser... magique.
Les acteurs...
Cyrano / Michel Vuillermoz : quand on a vu Jacques Weber dans le rôle, les autres font forcément pâle figure. Il était bien mais pas aussi
bien...En sortant j'ai pris deux minutes pour lire la petite plaquette qu'on donne à l'entrée : vue la pluie de molières reçus, il n' a rien d'étonnant à ce que j'ai apprécié la pièce.
Allez juste pour le plaisir:
Acte I :- Scène 4
Moi, c'est moralement que j'ai mes élégances
Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet,
Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ;
Je ne sortirais pas avec, par négligence,
Un affront pas très bien lavé, la conscience
Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil,
Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.
Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,
Empanaché d'indépendance et de franchise ;
Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est
Mon âme que je cambre ainsi qu'en un corset,
Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache,
Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache,
Je fais, en traversant les groupes et les ronds,
Sonner les vérités comme des éperons.
Acte I :- Scène 4
Je n'ai pas de gants ?... La belle affaire !
Il m'en restait un seul d'une très vieille paire !
Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun
Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un.
Acte I :- Scène 4
Le Vicomte : Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule!
Cyrano : Ah?… Et moi, Cyrano Savinien-Hercule de Bergerac.
Acte II - Scène 8
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
Et je pourrais encore en trouver. Cette pièce est un bijou, je vous dis.
Edit (et pas Edith.. hu hu hu) : après avoir relu l'article sur la représentation avec J. Weber ce qui manquait à celle-ci me semble tou à fait évident : l'émotion. Pas une seule larme ni même le moindre tremblement de menton. C'était grandiose, somptueux. Trop peut-être... Satisfaisant intellectuellement mais pas émotionnellement.
la virtuosité et la technique avaient oté à cette pièce son petit supplément d'âme.




Vos bavardages...