Jeudi 19 juin 2008
J'ai un gros défaut (un parmi d'autres). Quand je lis un livre que j'apprécie je ne peux m'empêcher d'en parler partout. En ce moment je lis "les yeux jaunes des crocodiles" de K. Pancoll. Et je me régale.
Mercredi soir, j'en parle à une copine. Qui me toise avec dédain pour me jeter un "je connais mais je préfère les auteurs  un peu plus intellectuels."
Un peu plus tard, sous la douche, elle était en train de recracher à sa voisine l'essai politique qu'elle avait lu et visiblement pas encore digéré (là je suis méchante mais quand on ne fait que répéter les idées sans les avoir passées au moulinet de son propre esprit critique j'appelle ça recracher). Je la regardais en me faisant cette réflexion quand elle me sourit, comme on sourit à un enfant de 5 ans, pour me balancer "excuse-moi je sais que ce genre de choses est un peu ennuyeux pour toi".

Pour moi, elle est là la bêtise. Dans son mépris, sa haute opinion d'elle-même (que je ne partage pas du tout). J'ai déjà rencontré des gens brillants (à des années lumière de ce que je pourrai jamais concevoir). C'était des personnes modestes, conscientes de leur propres ignorances. Aucune suffisance, aucun mépris pour ceux qui comprenaient moins vite ou moins bien (moi en l'occurence).

Et de toutes façons, de quel droit peut-on mépriser une littérature qu'on n'aime pas? Pourquoi la littérature "populaire" serait-elle méprisable? Le peuple est-il méprisable?
Je suis persuadée que faire un succés populaire n'est pas si simple. Il en faut du talent pour écrire avec simplicité. Pour que les idées qu'on transmet soient lisibles par tous et toutes. Ne s'adresser qu'à une élite, rester dans son discours obscur de spécialiste c'est plus simple que de vouloir être entendu par ceux qui n'ont justement pas les moyens de vous entendre. Quel challenge!

Pour moi l'intelligence est ailleurs. Chez cette personne qui, au détour d'une conversation, me disait "je n'aime pas le fromage blanc" avant de se souvenir que j'en avais servi en apéritif pour corriger immédiatement "mais avec de la ciboulette c'est très bon". Qu'il aime ou pas le fromage blanc est sans importance. Mais avoir cette délicatesse l'est assurément.
Elle existe chaque fois qu'on regarde un peu plus loin que 1 m autour de son nombril. Quand on lève les yeux vers les autres.
Elle est chez ceux qui ont à coeur de bien faire leur travail. Pas mieux que.. ou plus vite que... Juste bien. Pour la satisfaction du devoir accompli.
Elle est chez ceux qui, au lieu de se rengorger de ce qu'ils ont accompli, regardent la route qui leur reste à parcourir.

Pour moi l'intelligence n'est pas une question de QI, d'études, de lectures.  C'est autre chose de bien plus rare et fugitif. Je la vois souvent dans le regard de certains enfants en échec scolaire. Impuissante. Je ne peux qu'espérer qu'ils trouveront leur place dans la vie pour s'épanouir, s'exprimer. Qu'ils arriveront à ouvrir la porte à ce que je sens vibrer en eux. J'aimerais avoir la clé mais je ne l'ai pas.


Je dis tout ça, mais après tout, qui suis-je pour me permettre de donner mon avis?

 
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Mercredi 28 mai 2008

On continue dans la série des théories à deux balles.
Je suis absolument persuadée que les voitures sombres ont plus d'accidents que les autres.
Cela vous est-il déjà arrivé d'être surpris parce que vous n'aviez pas vu une voiture arriver? Moi, ça m'arrive souvent et j'ai remarqué c'était toujours une voiture sombre. Couleur bitume, asphalte. On les discerne moins ces voitures-là. Et on ne les voit arriver qu'au dernier moment.

C'est donc avec cette idée en tête que j'ai toujours choisi nos voitures. Enfin ... celles que j'ai eu l'opportunité de choisir. "Celle" pour être exacte.
C'était un Picasso. On l'avait choisi vert bora-bora. Turquoise en français courant. On nous voyait arriver de loin. Dans les parkings on n'avait pas besoin de retenir l'emplacement. Quand je me promenais les gens me reconnaissaient à la voiture. J'aimais bien mon Picasso vert bora bora.
Il y a quelques années, pour augmenter notre capacité d'accueil, on est passé à l'Opel Zafira.

Lorsqu'on a vendu le Picasso, on a eu une très mauvaise surprise : la merveilleuse couleur de notre voiture a été un motif pour en baisser le prix. Il paraît que les couleurs "passe-partout" se vendent mieux. Pourtant la couleur d'une voiture n'est pas sensée être assortie aux manteaux ou chaussures. On pourrait se permettre un peu de fantaisie, égayer nos villes. De plus , je vous rappelle ma théorie : une voiture de couleur vive aura un risque d'accidents un peu plus faiblmoindre.
Mais non, terne, terne, terne, c'est le mot d'ordre.

Chez le concessionnaire Opel j'ai bien eu quelques velléités de résistance : un petit rouge sombre ou bleu... Mais seule contre deux gaillards qui m'assaillaient de "on la revendra mieux si elle est grise" je me suis lâchement laissée aller à sussurer "gris".
Une tempête de mots a alors surgi de la bouche du vendeur : souris, cobalt, perle, .... pas de choix pour le rouge mais le gris existe visiblement dans une palette de couleurs quasiment infinie.
Plein de fougue, d'enthousiasme, le vendeur me pressait de choisir en me collant ses catalogues sous le nez.
- Gris souris peut-être.
- Clic-clic.... Rien de disponible en ce moment. Deux à trois mois de délais. Je commande?
- Gris anthracite alors.
- Ah (petit étonnement dans le regard : il y a un tel monde entre le gris souris et le gris anthracite) voyons ça... Pas disponible non plus
- Qu'est-ce que vous avez en gris?
- Clic-clic. J'ai bien un gris trucmuche disponible de suite mais je ne suis pas sur de pouvoir vous le montrer.

-De toutes façons, gris c'est môche. Alors "môche perle" ou "môche souris" franchement...

La tête du vendeur quand j'ai dit ça...

Et j'ai ma Zafira gris trucmuche. Dans les parkings il y a 50 voitures comme la notre. Dans la rue il en passe une toutes les 30 secondes. Et elle n'est même pas assortie à mes vêtements : je ne porte jamais de gris !

 

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Mardi 13 mai 2008
J'inaugure une nouvelle catégorie : mes théories à deux balles.

Petites réflexions sans fondement, fruits de mes observations, de mes déductions ô combien alambiquées, que  je livre à votre sagacité.

Saviez-vous que culpabiliser ça fait grossir ? Non? Je vous le prouve...


Ce qui fait le plus de mal au tour de taille c'est le grignotage (on grignote rarement des épinards en branche...). Or, pourquoi grignote-t-on? Pour se faire plaisir bien évidemment. On a tous, à un moment ou un autre, besoin de se consoler, de se remonter un peu le moral. Et pour certaines personnes (dont votre hôtesse) cela passe par le grignotage.
On le sent bien qu'on mange sans faim. On mange pour combler un autre besoin : celui de se faire plaisir.

Mais si on culpabilise en mangeant (oh mon Dieu ! C'est mal! Je vais grossir !!) on n'arrive pas à satisfaire notre envie de plaisir puisqu'on ne se fait pas réeellement plaisir.
Du coup on a encore envie de grignoter un peu plus tard, et un peu plus tard, et un peu plus tard... Et à force ça commence à peser sur les hanches.

Ma conclusion est donc sans appel : oui au grignotage mais on l'assume, on en jouit, on se régale et on met sa culpabilité au fond de sa poche, avec le mouchoir par-dessus.
On s'installe confortablement pour grignoter agréablement.
On hume son chocolat. On le lèche. On le laisse fondre dans sa bouche. On se concentre sur sa tâche pour ne pas perdre une seule miette de plaisir...
Normalement on a fait le plein de plaisir et l'envie de grignoter devrait s'être un peu évaporée...

Qu'en pensez-vous?
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