Bénabar

Publié le par Heureuse


J'adore Bénabar, essentiellement pour ses textes, délicieusement décalés, souvent tendres, parfois cyniques.

Celui-ci me fait pleurer à chaque fois...Si quelqu'un sait où je peux trouver le lien pour vous mettre la chanson je suis preneuse...


Le fou rire

Des allées, des chants d'oiseaux, un cortège de manteaux noirs, désolé, sans un mot, en silence, en mouchoirs. Tu nous manquais déjà et ce n'était que le début, il ne manquait que toi, notre cher disparu. Quelques arbres bien vivants veillaient sur un champ de granit, monuments pour combattants d'une guerre qu'on perd tout le temps et beaucoup trop vite. Désormais, qu'est-ce qu'on va devenir si tout est moche, si tout est triste ; désarmés qu'est-ce qu'on peut faire, j'ai prié Dieu pour qu'il existe. Ces messieurs des pompes funèbres, au recueillement professionnel, glissaient à la corde le cercueil aux dorures inutiles. Une dame à ce moment-là a dérapé dans les graviers, en poussant un râle comme ça "haaa" qui m'a fait rigoler.

Un fou rire à un enterrement, je m'en veux, je m'en veux vraiment, c'était nerveux sûrement, en tout cas c'était pas l'moment.

Je suis peut-être cruel, complètement insensible, au moins je n'étais pas le seul à rire le plus doucement possible. Comme une traînée de poudre, le rire a enflammé le cortège, tombé sur nous comme la foudre, le plus beau de tous les sacrilèges. Dos voûtés, têtes baissées, j'ai honte à le dire, on poussait des petits cris étouffés, on était morts de rire. Nos larmes alors, n'étaient plus des larmes de chagrin, et c'était pas par pudeur si on cachait nos visages dans nos mains. À petits pas la procession, l'indigne file d'attente, a retrouvé l'émotion devant la tombe béante. Je suis redevenu sérieux, où avais-je la tête ? À nouveau malheureux, c'était quand même un peu plus correct.

J'ai pleuré à ton enterrement, je n'avais pas le choix, tu n'étais plus là comme avant, pour rire avec moi

Moi je veux qu'on rit à mon enterrement. Dans très très longtemps mais ça arrivera un jour. Forcément. Je voudrais que mes amis m'aiment assez pour venir rire à mon enterrement. Qu'au lieu de lancer à ma famille ces petites phrases qui font redoubler les peurs, ils aillent les faire sourire. J'aimerais qu'ils m'aiment assez pour ne pas avoir peur des jugements, des regards choqués et courroucés.
Je ne veux pas que cet adieu se fasse dans les larmes. J'aime rire, je veux que mon départ de cette terre se fasse au milieu des rires. C'est beaucoup demander et je ne suis pas sure d'en être capable moi-même mais c'est quelque chose que j'aimerais.
Alors dans très très longtemps, j'espère qu'il y aura du monde pour venir rire à mon enterrement.

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Publié dans Musique

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J
Bonjour<br /> Je découvre votre blog tout à fait dans l'esprit du miens , et le titre est très accrocheur ..<br /> Heureux !<br /> Bien amicalement
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H
Merci. Je passerai faire un tour (dès que j'ai un peu de temps).
L
je l'aime beaucoup aussi, ces chansons sont pleines d'émotions et de sensibilité et ce texte est vraiment très beau <br /> bonne journée !
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H
Quand j'ai un coup de grisou il me redonne la pêche..
J
De passage sur le blog de mon ami trublion, ton commentaire m'a conduit chez toi, je pense pouvoir réaliser ton souhait, donc rendez vous sur mon site à cette adresse :<br /> http://etoilium.free.fr/Index_zik_benabar.html<br /> à écouter sans modération...
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N
Ce texte est beau,rire à un enterrement,c'est un peu difficile quand la peine nous immerge.<br /> je visite ton site pour la première fois.<br /> A+
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H
C'est pour ça que ce texte est beau. L'incident les fait rire, les soulage quelques instants pour leur monterr comme "il" leur manque cruellement même dans le rire.
C
Je l'aime tellement que je ne sais plus écrire son nom : Bénabar
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H
Facile, le verlan de Barnabé