Adieu...
Il est né en février 1920.
Il a perdu sa maman très jeune. Quand exactement? Je n'en ai aucune idée et personne ne pourra plus jamais me l'apprendre.
Son père était ouvrier agricole. Il vendait sa sueur de ferme en ferme.
Il a été rapidement repéré par le curé de son village qui s'est débrouillé pour le faire scolariser.
Il est devenu instituteur. Il rêvait d'être chirurgien. Mais, à cette époque, un enfant pauvre, aussi brillant et travailleur soit-il, ne faisait pas médecine.
Il habitait en zone libre. Il n'a été ni lâche, ni héros. il a juste continué à vivre. De la guerre je ne l'ai entendu dire que ceci "ceux qui ne l'ont pas connue ne peuvent pas juger. "
Il a rencontré une jeune institutrice et de leur union sont nées trois filles : une en 1943, une en 1944 et une petite dernière en 1959.
Ils ont beaucoup sacrifié à leur travail. Ils l'adoraient tous les deux. Lui, a été un des premiers conseillers pédagogiques de France et a reçu les palmes académiques. Elle passait ses soirées dans sa classe.
Ont-ils été de bons parents? Leurs filles pensent que non.
Ils ont confié l'éducation des aînées à une grand-mère débordante d'affection. Elles n'ont pas manqué d'amour, c'est l'essentiel, non?
Elles sont parties en pension dans un des meilleurs lycées de Bordeaux. Une preuve de plus de leur cruauté paraît-il.
J'y vois plutôt le désir de leur donner ce qu'ils n'avaient eu ni l'un ni l'autre.
Elles n'ont pas travaillé. Sont sorties du système éducatif sans diplôme ni formation.
Au cours de sa vie il a épaulé ses filles matériellement en de très nombreuses occasions. Il a été le pilier de cette famillle. Celui sur lequel on pouvait toujours compter, celui qui avait un savoir et une culture immense. Qui ne disait jamais non. J'ai appris récemment que c'est lui qui avait payé mes études mais on ne me l'avait pas dit.
Il n'était pas affectueux, c'est certain. Mais je l'admirais énormément. Pour sa sagesse, sa droiture, son intégrité.
Il a été maire de son village pendant de longues années. Un maire qu'on revenait voir bien après qu'il ait passé le flambeau.
Il a vécu ses dernières années loin de son pays, de ses amis. La cupidité de deux de ses filles en a été le moteur.
Il perdu l'esprit suffisament lentement pour s'en rendre compte. Il a horriblement souffert. L'acharnement thérapeutique prend tout son sens quand on songe au calvaire inutile qu'on peut faire vivre à un mourant de 88 ans.
Il est mort le 24 juillet dernier. Le jour où lui arrivait ma dernière carte postale de vacances. Je ne l'ai appris que la semaine dernière. J'ai renoncé à comprendre cette famille.
C'était mon grand-père.
Je ne suis pas triste de sa délivrance. Je suis triste qu'il ait eu une fin qu'il ne méritait pas.
Je suis triste de vivre sur une terre où il n'est plus.
Il a perdu sa maman très jeune. Quand exactement? Je n'en ai aucune idée et personne ne pourra plus jamais me l'apprendre.
Son père était ouvrier agricole. Il vendait sa sueur de ferme en ferme.
Il a été rapidement repéré par le curé de son village qui s'est débrouillé pour le faire scolariser.
Il est devenu instituteur. Il rêvait d'être chirurgien. Mais, à cette époque, un enfant pauvre, aussi brillant et travailleur soit-il, ne faisait pas médecine.
Il habitait en zone libre. Il n'a été ni lâche, ni héros. il a juste continué à vivre. De la guerre je ne l'ai entendu dire que ceci "ceux qui ne l'ont pas connue ne peuvent pas juger. "
Il a rencontré une jeune institutrice et de leur union sont nées trois filles : une en 1943, une en 1944 et une petite dernière en 1959.
Ils ont beaucoup sacrifié à leur travail. Ils l'adoraient tous les deux. Lui, a été un des premiers conseillers pédagogiques de France et a reçu les palmes académiques. Elle passait ses soirées dans sa classe.
Ont-ils été de bons parents? Leurs filles pensent que non.
Ils ont confié l'éducation des aînées à une grand-mère débordante d'affection. Elles n'ont pas manqué d'amour, c'est l'essentiel, non?
Elles sont parties en pension dans un des meilleurs lycées de Bordeaux. Une preuve de plus de leur cruauté paraît-il.
J'y vois plutôt le désir de leur donner ce qu'ils n'avaient eu ni l'un ni l'autre.
Elles n'ont pas travaillé. Sont sorties du système éducatif sans diplôme ni formation.
Au cours de sa vie il a épaulé ses filles matériellement en de très nombreuses occasions. Il a été le pilier de cette famillle. Celui sur lequel on pouvait toujours compter, celui qui avait un savoir et une culture immense. Qui ne disait jamais non. J'ai appris récemment que c'est lui qui avait payé mes études mais on ne me l'avait pas dit.
Il n'était pas affectueux, c'est certain. Mais je l'admirais énormément. Pour sa sagesse, sa droiture, son intégrité.
Il a été maire de son village pendant de longues années. Un maire qu'on revenait voir bien après qu'il ait passé le flambeau.
Il a vécu ses dernières années loin de son pays, de ses amis. La cupidité de deux de ses filles en a été le moteur.
Il perdu l'esprit suffisament lentement pour s'en rendre compte. Il a horriblement souffert. L'acharnement thérapeutique prend tout son sens quand on songe au calvaire inutile qu'on peut faire vivre à un mourant de 88 ans.
Il est mort le 24 juillet dernier. Le jour où lui arrivait ma dernière carte postale de vacances. Je ne l'ai appris que la semaine dernière. J'ai renoncé à comprendre cette famille.
C'était mon grand-père.
Je ne suis pas triste de sa délivrance. Je suis triste qu'il ait eu une fin qu'il ne méritait pas.
Je suis triste de vivre sur une terre où il n'est plus.
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